Emprunter en 2026 : est-ce encore le bon moment pour acheter ?
Les taux ont doublé en deux ans, les prix immobiliers n’ont pas vraiment baissé dans les grandes villes, et tout le monde vous dit d’attendre. Mais attendre quoi, exactement ?
La question du bon moment pour emprunter revient dans chaque conversation patrimoniale depuis 2022. Voici les éléments factuels pour prendre votre décision sans vous laisser influencer par les discours ambiants.
C’est tout le sujet de la suite.

Ce que les chiffres disent du marché du crédit en 2026
Pour aller plus loin sur le contexte historique, consultez notre article sur l’historique des taux immobiliers depuis 1970.
En juin 2026, le taux moyen d’un crédit immobilier en France s’établit autour de 3,25% toutes durées confondues. C’est deux fois moins qu’au pic de fin 2023 (4,24%), mais trois fois plus qu’au creux de 2019 (0,95%). Selon les profils emprunteurs et les durées, la fourchette réelle se situe entre 2,90% et 3,70%.
Les conditions d’octroi se sont assouplies depuis 2024
Après deux années de blocage quasi total du marché du crédit (2022-2023), les banques ont progressivement réouvert les vannes. Le taux d’usure, qui avait atteint des niveaux bloquant les dossiers pourtant solvables, a été normalisé. Les établissements prêteurs cherchent à nouveau à produire du crédit.
Le taux d’endettement maximal reste fixé à 35% des revenus nets, assurance emprunteur comprise. Cette règle du Haut Conseil de Stabilité Financière n’a pas bougé, mais les dérogations accordées aux primo-accédants et aux investisseurs solides ont été légèrement élargies.
La durée des prêts : un levier qui a des limites
Pour compenser la hausse des taux, beaucoup d’acheteurs allongent la durée de leur emprunt. En 2026, une grande majorité des crédits sont souscrits sur 20 à 25 ans. C’est un levier qui réduit la mensualité, mais qui augmente mécaniquement le coût total du crédit.
Sur 25 ans à 3,25%, chaque tranche de 100 000 € empruntée génère environ 46 000 € d’intérêts. Ce n’est pas négligeable, et cela justifie d’examiner attentivement l’opportunité d’un remboursement anticipé ou d’une renégociation dès que les conditions le permettront.
Faut-il attendre une nouvelle baisse des taux avant d’acheter ?
C’est la question que pose chaque acheteur potentiel depuis 18 mois. La réponse honnête : personne ne le sait avec certitude, et les prévisions des économistes sur les taux se sont régulièrement révélées inexactes ces dernières années.
Le risque de l’attente sur un marché en tension
Attendre une baisse des taux pour acheter a une logique apparente. Mais ce raisonnement oublie que les taux bas des années 2019-2021 ont précisément alimenté une hausse significative des prix dans de nombreuses métropoles. Si les taux descendent encore, la demande peut repartir à la hausse et faire remonter les prix avec elle.
Dans les grandes villes où l’offre de logements reste structurellement insuffisante, attendre 12 ou 18 mois peut coûter plus cher en hausse de prix qu’on ne gagne en baisse de taux. Ce calcul est à faire précisément, ville par ville et bien par bien.
Quand l’achat aujourd’hui reste pertinent
Acheter en 2026 à 3,25% reste cohérent si trois conditions sont réunies : le prix du bien est en ligne avec le marché local, la mensualité représente moins de 33% de vos revenus nets (pour conserver de la flexibilité), et votre horizon de détention est d’au moins 8 à 10 ans. En dessous de cette durée, les frais d’acquisition (7% à 8% dans l’ancien) sont difficiles à amortir, surtout si les prix stagnent.
Si ces trois conditions sont réunies, le niveau actuel des taux ne devrait pas être un frein à l’achat. Pour une analyse personnalisée tenant compte de votre situation fiscale et patrimoniale, consultez un conseiller en gestion de patrimoine avant de vous engager.