On vous applique une surprime sur votre assurance de prêt : que faire ?

Vous venez de recevoir la proposition d’assurance de votre banque et vous tombez sur un mot que vous ne connaissiez pas : surprime. En clair, on vous demande de payer plus cher que la majorité des emprunteurs, parce que votre profil est jugé plus risqué. Ce surcoût peut représenter plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’euros sur la durée de votre prêt. Mais ce n’est pas une fatalité, et vous avez plus de leviers que vous ne le pensez.

Voyons ça ensemble.

assurance emprunteur surprime

Pourquoi votre assurance de prêt coûte plus cher que prévu

La surprime est une majoration que l’assureur applique à votre cotisation de base lorsqu’il estime que votre profil présente un risque de sinistre supérieur à la moyenne. Concrètement, cela signifie que vous coûtez statistiquement plus cher à assurer qu’un emprunteur standard. Cette majoration ne s’applique pas nécessairement à toutes vos garanties : elle peut porter uniquement sur la garantie décès/PTIA (Perte Totale et Irréversible d’Autonomie), sur l’ITT (Incapacité Temporaire de Travail), ou sur l’ensemble des garanties selon votre situation. Trois catégories de risques concentrent l’essentiel des surprimes appliquées en France.

Votre état de santé : c’est la première cause de surprime

C’est le facteur déclencheur le plus fréquent. Les pathologies chroniques (diabète, hypertension, maladies cardiaques), les antécédents chirurgicaux, les cancers même en rémission, mais aussi les pathologies dites « non objectivables » comme les problèmes de dos ou le burn-out entrent dans l’évaluation de l’assureur. Pour vous donner un ordre de grandeur concret : un diabète de type 1 peut entraîner une surprime de 50% sur la garantie décès/PTIA et de 75% sur les garanties ITT et invalidité. Le tabagisme fait également l’objet d’une majoration systématique, comprise entre 25% et 70% selon les compagnies. Un emprunteur qui arrête de fumer depuis plus de 24 mois peut en revanche demander à son assureur de réviser son tarif pour passer au tarif non-fumeur.

L’évaluation se fait à partir d’un questionnaire médical, parfois complété par des examens. Soyez rigoureusement transparent dans vos réponses : une fausse déclaration, même involontaire, peut entraîner la nullité du contrat. En cas de sinistre, vos proches se retrouveraient sans couverture face à la dette restante.

Quelles professions font grimper la mensualité ?

Votre activité professionnelle compte autant que votre état de santé aux yeux de certains assureurs. Les métiers exposés à un risque physique élevé (militaire, pompier, policier en intervention, convoyeur de fonds, marin, chauffeur routier) font l’objet de majorations pouvant aller de 50% à 200% selon les compagnies. Ce qui est moins connu, c’est que deux collègues dans le même corps de métier peuvent se voir appliquer des surprimes très différentes : un policier affecté à un bureau administratif ne sera pas traité comme un policier armé en intervention. Le niveau de risque réel de votre poste est pris en compte, pas seulement l’intitulé de votre profession.

Certains assureurs se sont spécialisés dans les professions à risque et proposent des grilles tarifaires nettement plus favorables que les contrats groupe des banques pour ces profils. C’est une des raisons pour lesquelles comparer avant d’accepter la première proposition qu’on vous soumet change vraiment la donne.

Vous pratiquez un sport à risque : ça se paye

L’escalade, le parapente, les sports mécaniques, la plongée sous-marine, le parachutisme ou les sports de combat font systématiquement l’objet d’une attention particulière lors de la souscription. L’assureur peut choisir d’appliquer une surprime sur certaines garanties, ou d’exclure totalement le risque lié à cette pratique. Dans ce second cas, si vous êtes victime d’un accident lors de cette activité, vous ne serez pas couvert. Il est possible de négocier ce qu’on appelle un « rachat d’exclusion » : moyennant une surprime supplémentaire (généralement entre 30% et 80% selon l’activité et la compagnie), l’assureur accepte de couvrir le risque sportif. C’est plus cher, mais c’est la seule façon d’être réellement protégé si vous pratiquez régulièrement.

Combien va vous coûter la surprime, en euros ?

C’est la question que tout le monde se pose, et les assureurs ne la rendent pas simple à comprendre. La surprime s’applique garantie par garantie, pas sur la prime globale. Prenons un exemple concret : votre cotisation annuelle s’élève à 400 €, dont 200 € correspondent à la garantie décès/PTIA et 200 € aux garanties ITT/invalidité. Si une surprime de 50% est appliquée sur la garantie décès/PTIA uniquement, cette garantie passe à 300 € et votre cotisation totale atteint 500 € par an, soit 100 € de plus. Sur 20 ans, vous payez 2 000 € supplémentaires rien que sur cet exemple. Certains assureurs expriment leurs surprimes en taux (par exemple 0,20% appliqué sur le capital assuré) : sur un emprunt de 300 000 €, cela représente 600 € par an de majoration sur la garantie concernée.

Ce qui aggrave la situation, c’est la variabilité considérable d’un assureur à l’autre pour un même profil. Pour une pathologie identique, les surprimes peuvent aller du simple au triple selon la compagnie. Certains assureurs ont des grilles plus clémentes pour le diabète, d’autres pour les antécédents cardiaques. C’est exactement pour cette raison que comparer plusieurs offres avant d’accepter une proposition n’est pas un luxe : c’est souvent la décision la plus rentable de tout votre dossier de prêt.

Convention AERAS : ce que vous pouvez obtenir si votre dossier est refusé

La convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) est un dispositif que peu d’emprunteurs connaissent, et c’est regrettable parce qu’il peut changer radicalement l’issue d’un dossier difficile. Son fonctionnement est en trois niveaux : si un assureur standard refuse votre dossier ou vous applique une surprime prohibitive, il doit transmettre votre dossier à un réassureur spécialisé (niveau 2), puis si nécessaire à un pool aléatoire d’assureurs (niveau 3). Ce troisième niveau est accessible uniquement si votre prêt ne dépasse pas 420 000 € et si son remboursement se termine avant vos 71 ans. La démarche est automatique dès lors que vous déposez un dossier : vous n’avez rien à demander explicitement.

Ce dispositif prévoit également un mécanisme d’écrêtement des surprimes pour les emprunteurs aux revenus modestes. Concrètement, si la surprime appliquée dépasse 1,4 point dans le taux annuel effectif global de votre emprunt, la partie excédentaire peut être prise en charge par les assureurs signataires de la convention. En 2025, ce mécanisme s’applique si vos revenus ne dépassent pas 47 100 € par an pour une personne seule (70 650 € pour un couple). Un avantage supplémentaire pour les primo-accédants jeunes : si vous avez moins de 35 ans et que votre prêt comprend un PTZ (Prêt à Taux Zéro), la totalité de la surprime liée au PTZ est annulée automatiquement. Pour une stratégie adaptée à votre situation médicale et patrimoniale, rapprochez-vous d’un conseiller ou d’un courtier spécialisé en risques aggravés.

Loi Lemoine : vous pouvez changer d’assureur demain matin

Depuis 2022, la loi Lemoine a profondément changé les règles du jeu. Vous pouvez désormais résilier votre contrat d’assurance emprunteur à tout moment, sans frais et sans attendre la date d’anniversaire. Il vous suffit d’adresser une lettre de résiliation à votre assureur actuel et de soumettre en parallèle une demande de substitution à votre banque, qui ne peut refuser que si les garanties du nouveau contrat sont moins bonnes que celles du contrat initial. Cette loi introduit également deux protections importantes : pour les prêts inférieurs à 200 000 € par assuré se terminant avant vos 60 ans, l’assureur ne peut plus vous soumettre de questionnaire de santé, ce qui supprime de facto toute possibilité de surprime médicale. Par ailleurs, le droit à l’oubli permet aux anciens malades du cancer ou de l’hépatite C de ne pas déclarer leur pathologie après 5 ans de rémission sans rechute : aucune surprime ne peut leur être appliquée pour ce motif.

Si vous êtes déjà engagé dans un contrat avec surprime, c’est probablement la piste la plus efficace à explorer en premier. Les contrats individuels proposés par des assureurs externes sont souvent 20% à 60% moins chers que les contrats groupe des banques, même avant de comparer les surprimes. Un courtier spécialisé en assurance emprunteur peut faire ce travail de comparaison pour vous, sans frais de votre côté. Ces informations sont générales : votre situation médicale, professionnelle et patrimoniale étant unique, un conseil personnalisé auprès d’un professionnel reste la meilleure façon d’identifier la solution la plus adaptée à votre dossier.